Une analyse foot des nations sur la sélection du Canada pour la Coupe du Monde 2026.
I – La carte d’identité
- Histoire avec un grand F
Le football (soccer pour nos amis Nord-Américains) est le sport qui a le plus de licenciés au Canada. Oui oui, vous avez bien lu. Devant le hockey, le baseball, le football américain ou encore le basket-ball. Oui, le Canada n’est pas un pays de football, mais le football a sa place au Canada. Au commencement, le football est arrivé assez vite (fin XIXe siècle) au pays à la feuille d’érable grâce à la connexion britannique évidemment. Cependant, l’influence culturelle américaine étant dominante, les Canadiens se sont pris de passion pour le hockey (où le Canada figure comme la meilleure nation au monde), le baseball et le football américain principalement. Pour autant, le football a toujours été considéré comme un sport très plaisant et les jeunes Canadiens y ont tous plus ou moins joué. C’est pour cela que le pays compte un grand nombre de licenciés. En résumé, c’est plus un sport joué que regardé.
Malgré cela, plusieurs facteurs plus ou moins récents ont contribué au développement du football au Canada et donc il progresse de plus en plus. Parmi ces facteurs, on retrouve :
- La popularité médiatique grandissante de la Major League Soccer Américaine (avec trois franchises canadiennes que sont le CF Montréal, le Toronto FC et le Vancouver Whitecaps FC que Thomas Müller a choisi après son départ du Bayern !) mais aussi la Canadian League Soccer créée en 2017 (8 équipes actuellement, très petit championnat à l’échelle mondiale mais qui montre cette dynamique positive).
- Les diasporas européennes et latino-américaines passionnées de football.
- L’arrivée imminente de la Coupe du Monde 2026 au pays qui braque un grand nombre de projecteurs sur le football au pays (à l’image de l’organisation de Jeux Olympiques).
- La progression globale de l’équipe nationale.
- Qui plus est, le jeu vidéo de football joué de manière planétaire par tous les fans de football (EA FC, anciennement FIFA), est développé à Vancouver (LA ville du football du pays) depuis sa création en 1993. La classe !
Les grands faits d’armes historiques du Canada sont évidemment les participations aux Coupes du Monde de 1986 et de 2022, ainsi que les deux victoires en Gold Cup de 1985 et 2000. Mais clairement l’avenir du football canadien semble meilleur que son passé. C’est à l’image des deux joueurs les plus connus de leur histoire que sont Alphonso Davies et Jonathan David, tous deux joueurs des années 2020 et présents pour cette Coupe du Monde 2026.
Enfin, comme son voisin américain, l’équipe masculine de football est dans l’ombre de l’équipe féminine d’un point de vue des résultats. En effet, la sélection féminine est régulièrement dans le top 10 du classement FIFA alors que la sélection masculine occupe la 27e place actuellement et n’a jamais fait mieux que la 26e. En Coupe du Monde, les filles ont déjà atteint le dernier carré (une demi-finale en 2003, perdue 2-1 contre la Suède) alors que les garçons n’ont quant à eux jamais passé une phase de poule.
C’est donc pour le Canada un rendez-vous décisif pour passer à la vitesse supérieure dans son histoire avec le ballon rond que constitue cette Coupe du Monde 2026 à domicile.
- La sélection (en tournoi, classement FIFA, staff).
La sélection Canadienne de football est plutôt absente du niveau mondial jusqu’aux années 80. Elle ne fut pas inscrite pour la Coupe du Monde lors de toutes les éditions jusqu’en 1970 avec une exception pour celle de 1958. Très loin de la grande sélection Mexicaine qui domine le continent, elle est aussi inférieure aux sélections de plus petits pays tels Haïti, Honduras ou le Salvador.
Les années 80 apportent à l’équipe Canadienne ses premiers honneurs. En effet, avec la Coupe du Monde 1986 qui se profile au Mexique, la Gold Cup de 1985 qui sert de qualification au mondial se joue sans l’écrasante El Tri (sélection Mexicaine). La voie est donc plus libre que d’habitude : les Rouges Canadiens vont s’emparer de leur premier titre continental en battant d’abord le Guatemala et Haïti au premier tour puis le Honduras et le Costa Rica au second tour. Qui plus est, cela valide le premier billet du Canada pour la Coupe du Monde, en 1986.
Le Canada tombe dans une poule relevée pour sa première participation avec l’équipe de France du « carré magique » dernière version, l’URSS du mythique entraîneur Lobanovski et des deux Ballons d’Or Oleg Blokhine (en fin de carrière) et Igor Belanov (au sommet de son art, il remporte le trophée individuel en 1986 justement) et une équipe d’Hongrie relativement moyenne. Face aux Bleus qui finiront demi-finalistes, les Canadiens défendent durs et veulent accrocher la bande à Platini. Avec de la réussite, ils tiennent jusqu’à la 79e, sanctionnés par Jean-Pierre Papin. Dans leur deuxième match, le plus abordable contre la Hongrie, ils encaissent à la 2e minute un but évitable et courent après le score. Les Hongrois doublent la mise à la 75e. Enfin, face aux Soviétiques, ils tiennent la première mi-temps puis encaissent deux buts lors du deuxième acte. Pour résumé, une première participation plutôt honnête grâce à une défense rugueuse et assez solide mais il a manqué de qualité offensive pour espérer plus !
Il faudra attendre le nouveau millénaire pour voir le plus beau fait d’arme Canadien : la victoire à la Gold Cup 2000 où ils finissent deuxièmes de leur poule derrière le Costa-Rica puis vont faire un parcours rêvé ensuite. Elimination des Mexicains (qui avaient des absents majeurs) en quart de finale en prolongations, une victoire contre Trinité-et-Tobago 1-0 en demi-finale et une victoire finale 2-0 contre la Colombie, invitée de l’édition. L’équipe, portée par le gardien Craig Forrest et l’attaquant Carlo Corrazin, aura fait preuve d’une combativité hors norme et d’un jeu rapide intéressant.
Pourtant, la sélection Canadienne ne va pas surfer sur ce beau succès pour enchaîner des bons résultats : les années 2000 et 2010 sont placées sous le signe de la disette (aucune qualification en Coupe du Monde, aucun beau parcours en Gold Cup). C’est donc seulement à la fin des années 2010 que l’horizon du Canada va s’embellir : avec l’arrivée de joueurs qui s’imposent au plus haut niveau mondial (Davies et David entre autres). Grâce à cela, la sélection monte en puissance et parvient à revenir à la Coupe du Monde en 2022 en finissant les qualifications devant le Mexique, le Costa Rica et les USA !
Lors de ce dernier mondial au Qatar, les Canadiens héritent comme en 1986 d’une poule difficile : la Croatie, la Belgique (respectivement finaliste et demi-finaliste en 2018) et le Maroc qui finira en demi-finale de ce mondial. Face à ces grosses nations, le Canada perdra à nouveau ses trois matchs (1-0 contre la Belgique, 4-1 contre la Croatie et 2-1 contre le Maroc) mais cette fois avec plus d’allant offensif (deux premiers buts en phase finale de Coupe du Monde inscrits).
Enfin, les Canadiens ont participé en semi-invité à leur première Copa América en 2024, en gagnant un barrage d’accès contre Trinité et Tobago. Signe une nouvelle fois de leur progression moderne, ils ont réussi une bonne performance en finissant 4e de la compétition avec deux défaites contre l’Argentine future gagnante (en poule et en demi-finale).
Arrive alors cette Coupe du Monde 2026 à domicile où les Canadiens vont avoir l’occasion rêvée de remporter enfin leur premier match au plus haut niveau mondial et d’espérer plus encore : un seizième serait beau, un huitième serait magnifique et le reste serait plus qu’historique pour la sélection à fleur d’érable !
Ci-dessous, à gauche l’équipe Canadienne à la Coupe du Monde de 1986 et à droite celle victorieuse à la Gold Cup 2000.
II – L’obtention du visa
Etant hôte, le Canada n’a évidemment pas eu besoin de se qualifier et d’obtenir un visa pour chez lui. Nous avons donc décidé d’analyser la campagne de matchs amicaux / Ligue des Nations qu’ils ont démarré après la Copa America 2024 et qui constitue leur préparation pour la Coupe du Monde 2026.
A) Continuités et changements au début de la campagne de matchs amicaux / Ligue des Nations
Continuités :
- Deux grands noms qui portent la sélection : Jonathan David (LOSC, Juventus) et surtout Alphonso Davies (Bayern Munich) sont les meneurs de cette équipe en apportant leur talent mais aussi leur expérience du très haut niveau européen.
- Effectif élargi stable : le Canada ne dispose pas d’un réservoir immense de joueurs de haut-niveau et peut donc compter sur un noyau de joueurs sélectionnables relativement stable.
Changements :
- Nomination de Jesse March : nommé peu avant la Copa América, le technicien Américain arrive avec une grande responsabilité sur les épaules pour plusieurs raisons. Déjà il est Américain (grand rival au niveau sportif). Ensuite il a l’étiquette d’entraîneur à succès : meilleur entraîneur de MLS en 2015 avec New York RB, puis excellents résultats à Leipzig (adjoint) et Salzburg (principal) avant de faire une pige honorable à Leeds en Premier League (2022-2023). Enfin, il est clairement nommé pour faire grandir à la fois la sélection mais toute la fédération Canadienne jusqu’à sa Coupe du Monde 2026. Pas une mince affaire !
B) Les adversaires (6 adversaires choisis parmi ceux qu’ils ont joué sur les deux ans pour refléter un panel le plus varié possible de nations)
Les meilleurs ennemis Mexicains et Américains : affrontés deux fois, en amical et en Ligue des Nations. Les Mexicains toujours dominants sur le continent et les Américains qui stagnent dans leur développement.
Une Côte d’Ivoire en demi-teinte : depuis sa victoire fabuleuse lors de sa CAN 2023 à domicile, les Elephants d’Emerse Faé sont dans un entre-deux hésitant entre confirmation et reconstruction au moment où ils jouent les Canadiens.
Le petit poucet Curaçao : l’île des Caraïbes appartenant aux Pays-Bas développe bien son équipe de football grâce à l’influence des joueurs formés chez les Oranje et avec le mythique entraîneur hollandais Dick Advocaat toujours efficient à 78 ans.
Les baroudeurs Gallois : si la génération dorée emmenée par Gareth Bale n’est plus là, le Pays de Galles se reconstruit sous la houlette de Craig Bellamy devenu sélectionneur.
La redoutable Colombie : 13e au classement FIFA après une très bonne campagne de qualifications à la Coupe du Monde (2e derrière l’Argentine), les Colombiens retrouvent de leur superbe notamment dans le sillage de son ailier superstar Luis Diaz.
C) L'évolution de la campagne
Défaite 2-0 contre le Mexique en demi-finale de Ligue des Nations CONCACAF.
Une défaite plutôt frustrante pour les Canadiens qui ont tenue la dragée haute à El Tri tout au long de la rencontre mais l’expérience Mexicaine a fait basculer la rencontre en leur faveur. Un but concédé dès la 1ère minute de jeu marqué par l’attaquant vedette Jiménez, puis du mal à concrétiser les situations offensives en occasions franches. Enfin, Jiménez plante un très beau coup franc à la 75e et éteint les espoirs des hommes de Marsch.
Victoire 2-1 contre les Etats-Unis pour la 3e place de Ligue des Nations CONCACAF.
Face aux USA en rodage du fraîchement nommé Pochettino, les Canadiens vont enchaîner une nouvelle bonne performance globale mais avec cette fois plus de danger créé sur la cage adverse. Pas très bien gardée par une défense étasunienne perfectible certes, mais ça reste positif pour eux de marquer deux jolis buts par Oluwaseyi et David.
Match nul 0-0 contre la Côte d’Ivoire dans un tournoi amical à domicile (le « bouclier Canadien »)
Les champions d’Afrique en titre ont montré sur ce match que le Canada reste une équipe en construction car ils ont dominé la rencontre de la tête et des épaules. Les Eléphants ont manqué d’efficacité dans la finition pour débloquer le match mais les Canadiens leur ont opposé une grosse résistance défensive malgré tout.
Match nul 1-1 contre Curaçao en poule de Gold Cup
Face à un Curaçao très joueur à la Hollandaise, les Canadiens n’ont pas réussi à avoir le contrôle total lors de la rencontre malgré avoir ouvert le score à la 9e minute par N. Saliba. Ils ont même perdu le fil en deuxième période où les hommes de Dick Advocaat sont logiquement revenus à 1-1 dans le temps additionnel. Un match nul frustrant qui a montré les limites de l’équipe notamment dans sa capacité à garder le ballon, à défendre face à du mouvement bien orchestré et dans sa profondeur d’effectif.
Victoire 1-0 au Pays de Galles en amical
Face à des Gallois légèrement amoindris, les Canadiens ont totalement pris le contrôle de la rencontre avec un gros rythme mis en place. Ils ont agressé leurs adversaires et auraient pu prendre rapidement le large s’ils avaient été plus efficaces. Ils finissent tout de même par ouvrir le score à la 41e par un magnifique coup franc de Cornelius. Victoire logique contre une équipe Européenne de deuxième voire troisième rang.
Match nul 0-0 face à la Colombie en amical
Dans un stade Américain totalement rempli de supporters Colombiens, les hommes de Marsch ont réussi une nouvelle prestation défensive solide face à la bande de Luis Diaz. Si ce dernier et certains de ses compatriotes ont eu les occasions pour marquer, il y a toujours eu un pied, une jambe pour perturber le dernier geste. Dominés mais n’ont pas rompu, les Canadiens auraient pu même faire mieux encore de par un but refusé pour un léger hors-jeu.
D) Le moment fort
Le but de Jonathan David qui donne la victoire face aux meilleurs ennemis Américains est le moment fort de cette campagne de préparation selon nous. En effet, il vient concrétiser la bonne dynamique qu’a pris la sélection Canadienne sous la houlette de Jesse Marsch en punissant une équipe des USA de Pochettino trop tendre. Un vrai signe de la nouvelle place du Canada dans la hiérarchie foot en Amérique du Nord.
III – L’équipe d’explorateurs
A) L’orientation imaginaire, culturelle et idéologique
Le sport Canadien est marqué par des traits culturels de rugosité, de générosité, de combativité, de sacrifice et d’énergie. La sélection de football a donc toujours reflété cela dans son histoire et a bâti ses succès sur ces qualités en réussissant à être une équipe difficile à battre (CDM 1986 et 2022, Gold Cup 1985 et 2000). Cependant, le mauvais côté de cet imaginaire-là est que l’aspect tactique et technique des Canadiens a eu tendance à être délaissé et cela leur a clairement desservi pour espérer dominer ne serait-ce que son continent. Qui plus est, en football, leur imaginaire a souvent été impacté par le fait que le Canada n’est pas un pays de football et donc un certain sentiment d’infériorité s’est développé, notamment par rapport au Mexique mais même aux USA ou certains nations Caribéennes (sans parler des Européens et Sud-Américains).
Mais clairement ce sentiment d’infériorité a été combattu depuis le début de cette décennie. La sélection en montre clairement la preuve depuis peu : il faut compter aujourd’hui sur le Canada dans l’Amérique du Nord du football. Grâce au travail de John Herdman (sélectionneur de 2018 à 2023) et repris par Jesse Marsch, l’accent a été mis pour développé les jeunes talents du pays en leur imprégnant une forte culture de la gagne et de la confiance en plus des traits de générosité et d’humilité typiquement Canadiens. Ceci dans le but de faire d’eux des joueurs capables de performer sans complexe au très haut niveau international.
En outre, depuis sa prise de fonction, Jesse Marsch a totalement développé collectivement l’équipe avec les principes de la méthodologie Red Bull qu’il maîtrise à la perfection : approche du jeu dynamique avec énormément de courses à haute intensité (vélocité, intensité et rapidité comme maîtres mots) et une maîtrise collective énorme des phases de transition (notamment le contre-pressing mais aussi le repli défensif). Basé en Italie, il suit de très près ses joueurs évoluant en Europe et a tissé une relation très forte avec tout son groupe. Grâce à cela, il a réussi à concrétiser un plan de jeu très avancé avec sa sélection à tel point qu’elle ressemble par moments à une équipe moderne de club de ce point de vue-là. C’est donc une équipe Canadienne très organisée tactiquement qui sort sur le terrain à chaque match international désormais, vraie rupture avec son football historique.
B) L’orientation tactique
Pour cette campagne de matchs de préparation, Jesse Marsch a fait jouer son équipe dans un 4-4-2 à plat avec peu de changements dans le système mais beaucoup d’adaptations des zones et temps de pressing selon l’adversaire.
L’intention la plus régulière est de défendre médian-haut mais les Rouges sont aussi capables par moments de défendre proche de leur surface.
| Face aux gros poissons | Face aux équipes moyennes | Face aux petits poucets |
Défensif | Médian + quelques périodes de pressing ciblées | Médian-haut avec nombreuses périodes de pressing ciblées | Haut avec pressing permanent |
Offensif | Volonté de relancer court majoritaire mais progression verticale très accentuée / Beaucoup de combinaisons avec binômes côtés et binôme d’attaquants axiaux | Volonté de relancer court majoritaire mais progression verticale très accentuée / Phases de possessions plus importantes / Beaucoup de combinaisons avec binômes côtés et binôme d’attaquants axiaux | Volonté de relancer court majoritaire mais progression verticale très accentuée / Phases de possessions plus importantes / Beaucoup de combinaisons avec binômes côtés et binôme d’attaquants axiaux |
A la récup | Alternance contre-attaques verticales + possession défensive | Alternance contre-attaques verticales + possession défensive | Contre-attaques verticales majoritaires |
A la perte | Alternance contre-pressing intense – repli défensif total | Alternance contre-pressing intense – repli défensif total | Contre-pressing intense majoritaire |
C) Le groupe
L’effectif Canadien est assez équilibré même si sa défense et surtout son attaque se dégage quand même positivement. Déjà parce que les deux stars Alphonso Davies (latéral gauche) et Jonathan David (attaquant de pointe) font partie de ses lignes et haussent donc significativement leur niveau. Mais aussi parce que des profils sérieux évoluant en Europe à bon niveau sont présents dans ces secteurs de l’équipe. Nous pouvons citer notamment Moïse Bombito (25 ans, OGC Nice) et Alistair Johnston (27 ans, Celtic Glasgow) derrière et Promise David (24 ans, Union St Gilloise), Tajon Buchanan (26 ans, Villareal CF) et Tani Oluwaseyi (25 ans, Vilarreal CF) devant.
En revanche, pour ce qu’il s’agit des GB et du milieu de terrain, c’est plus moyen voire faible. Au niveau des GB, la hiérarchie entre le premier et le deuxième n’a toujours pas été établi par Jesse Marsch entre Maxime Crépeau (31 ans, Orlando City SC) et Dayne St Clair (28 ans, Inter Miami CF) car ni l’un ni l’autre ne prend réellement le dessus en donnant des gages de confiance au très haut niveau. Au milieu de terrain, Stephen Eustaqio (29 ans, FC Porto) et Ismaël Koné (23 ans, US Sassuolo) sont titulaires indiscutables car ce sont deux bons joueurs à ce niveau-là mais aussi car ils manquent clairement de concurrence : des jeunes profils inexpérimentés au très haut niveau ou des briscards de championnats de secondes zones sont les seules alternatives dont dispose le sélectionneur pour les concurrencer.
Point positif à signaler, le Canada dispose de profils de jeunes espoirs qui peuvent se révéler à la face du monde sur ce type de compétition. Jesse Marsch et tout le staff travaillent beaucoup à leur développement. Ils n’hésitent pas à leur donner leur chance. Parmi eux :
- Marcelo Flores (22 ans, Tigres UANL, Mexique) : petit ailier gauche virevoltant qui a choisi le Canada plutôt que le Mexique.
- Luc De Fougerolles (20 ans, FCV Dender EH, Belgique) : défenseur central élégant et intelligent, très bon à la relance.
- Niko Sigur (22 ans, Hajduk Split, Croatie) : joueur polyvalent pouvant évoluer au milieu ou latéral, mature et intelligent dans le jeu.
- Nathan Saliba (21 ans, RSC Anderlecht, Belgique) : milieu de terrain box to box capable de s’imposer athlétiquement par ses courses et dans les duels.
- Ou encore trois jeunes avants-centres : Daniel Jebbison (22 ans, Preston North End, D2 Anglaise), Jacen Russel-Rowe (23 ans, Columbus Crew, USA) et Rayan Elloumi (18 ans, Vancouver Whitecaps FC, Canada).
D) Le onze
Jesse Marsch cherche la continuité dans ses compositions de départ mais son onze a beaucoup été impacté par les blessures et/ou les contraintes des clubs Européens. Voici donc une composition d’équipe idéale si tout le monde est à 100% lors du coup d’envoi de la Coupe du Monde.
Le sélectionneur pourra faire démarrer Promise David à la place d’Oluwaseyi selon la forme de chacun sachant que tous deux ont une deuxième partie de saison intéressante à jouer avec leurs clubs respectifs en Europe.
Shaffelburg (26 ans, Los Angeles FC) peut démarrer à la place d’Ahmed sur le flanc gauche.
Comme évoqué précédemment, St Clair peut être échangé par Crépeau car Jesse Marsch n’a pas encore établi sa hiérarchie entre les deux.
Pour le reste, c’est plutôt stable quelques soient les adversaires et le contexte.
Les remplacements principaux avec niveau d’impact sur le cours du match (faible, moyen, bon, top) :
- Celui qui ne démarre pas entre Oluwaseyi et Promise David remplace l’autre (bon).
- Celui qui ne démarre pas entre Ahmed et Shaffelburg remplace l’autre (moyen).
- Le reste des remplacements affaibli l’équipe sauf si un jeune espoir se révèle.
IV – Le rêve américain
A) La poule
Pour sa Coupe du Monde à domicile où les Canadiens figuraient donc dans le chapeau A pour la première fois de leur histoire, les Rouges n’ont pas tiré une poule si facile que cela. Tout d’abord, ils joueront le gagnant du barrage Européen en Mars. Donc possiblement l’Italie qui ferait son retour à la Coupe du Monde, tant attendu depuis 2014. Sachant qu’en plus une énorme communauté Italienne habite à Vancouver où aura lieu le match, ce sera extrêmement dur pour les Rouges ! Les trois autres nations Européennes ne seront pas faciles à battre pour autant. Deuxième match contre le Qatar, plus abordable même si le pays du Golfe se développe depuis sa Coupe du Monde. Et enfin la Nati Suisse, qui progresse fortement depuis le mandat de Murat Yakin avec une 17e place au classement FIFA. L’équipe Hélvète fera office de favori à la première place du groupe.
B) Point de vue Canadien
L’optimisme est plutôt de mise chez les Canadiens vis à vis de leur sélection car les résultats se sont nettement améliorés depuis les qualifications pour la Coupe du Monde 2022. Jesse Marsch joue aussi un rôle important dans cette dynamique médiatique positive car il a encore fait franchir un palier à son équipe depuis qu’il en a pris les rênes.
Qui plus est, il est probable que les Canadiens sous-estiment par méconnaissance footballistique la qualité de l’équipe Suisse ainsi que le barragiste Européen.
Avec trois matchs à domicile et un soutien populaire certainement historique pour la sélection, le public Canadien voit donc son équipe dans une bonne posture pour gagner son premier match en Coupe du Monde et même plus.
Verdict :
C) Point de vue mondial
Si le fait que le Canada reçoit chez lui et a relativement progressé depuis peu, il reste dans l’imaginaire footballistique mondial une nation de troisième rang dans la hiérarchie des sélections internationales.
A part les suiveurs de la sélection et les passionnés du foot des nations, la planète football ne sait pas réellement à quel point cette sélection Canadienne a progressé ces deux dernières années. Elle sera donc assez sous-estimée d’un point de vue mondial.
Verdict :
V – La ruée vers l’or
Le scénario imaginé de leur compétition
Le premier match sera déjà décisif puisqu’il s’agira de recevoir l’Italie dans un stade quasi-acquis à la cause de la Squadra Azzurra (car oui nous pensons que les Italiens vont faire leur retour en Coupe du Monde en passant les barrages !!). Dans un match serré, les Canadiens prendront le dessus en deuxième mi-temps car meilleurs athlétiquement et plus complets tactiquement.
Ensuite, ils enchaîneront d’abord avec une courte victoire sur le Qatar puis une courte défaite contre la Suisse. Ils termineront donc deuxièmes de leur poule et joueront leur huitième de finale à Los Angeles.
Dans notre scénario, nous avons là un match très excitant puisqu’ils rencontreront le plus grand bourreau de leur histoire : le Mexique ! Mexique qui n’a jamais gagné un match à élimination directe et sur qui pèse une croyance au pays de malédiction pour ce match là. Face à El Tri en mission pour écrire l’histoire, dans un stade acquis à la cause Mexicaine, nous ne voyons malheureusement pas le Canada réussir à le faire. Ce sera serré, une défaite en prolongations voire aux tirs aux buts mais l’équipe de Jesse Marsch perdra une nouvelle fois contre El Tri (dans l’histoire de leur confrontation, seulement 5 victoires Canadiennes contre 22 Mexicaines et 10 matchs nuls).
Mais déjà une Coupe du Monde historique avec les deux premières victoires de la sélection et une sortie de la phase de poules !
Verdict final pour le parcours du Canada à la Coupe du Monde 2026 :
ELIMINATION EN SEIZIEME DE FINALE FACE AU MEXIQUE.
Les Rouges se feront éliminer dans un match épique en seizième de finale contre le Mexique mais auront écrit l’histoire de leur football. Le peuple Canadien n’aura jamais autant vibré derrière sa sélection et ses deux joueurs stars Davies et David deviendront encore plus iconiques au pays !
