Coupe du Monde 2026 – LE guide foot des nations – Côte d’Ivoire

Une analyse foot des nations sur la sélection Ivoirienne pour la Coupe du Monde 2026.

4 morceaux de musique Ivoirienne pour se mettre dans l'ambiance pendant la lecture :
- Un morceau chanté en baoulé par Tonton Etienno, un chanteur traditionnel.
- Un morceau d'Ernesto Djedje, inventeur du ziglibithy, musique ivoirienne moderne et ancêtre du coupé décalé.
- Le tube immortel d'Alpha Blondy, chanteur de reggae Ivoirien à succès.
- Un morceau de Manou Gallo, bassiste contemporaine renommée qui chante notamment en dida.

I – La carte d’identité

Naissance dans le foot des nations, 4 ans après l'indépendance du pays.
Un gros poisson du football Africain.
Mais pas encore de grand moment en Coupe du Monde.
Ombre au tableau de Didier Drogba : il n'aura pourtant jamais gagné avec sa sélection.

II – L’obtention du visa

A) Continuités et changements au début de la campagne

Une particularité des qualifications de la zone Afrique pour cette Coupe du Monde 2026 est qu’elles furent très longues. Démarrage en Novembre 2023, fin en Octobre 2025. Avec notamment la CAN 2023 (Janvier-Février 2024) au milieu de ces qualifications. Le départ de l’aventure englobe donc cette CAN 2023.

Continuités :

  • Jean-Louis Gasset démarre la campagne : l’expérimenté technicien français et son fidèle adjoint Ghislain Printant sont nommés en Mai 2022, après l’échec de la sélection à la CAN 2021 (éliminés en 8e de finale par l’Egypte). Leur objectif étant de construire une équipe qui ira à la victoire lors de la CAN à domicile.
  • Effectif élargi riche : la Côte d’Ivoire dispose d’un vivier de joueurs des plus importants sur le continent Africain. A la fois grâce à sa diaspora notamment en Europe mais aussi avec les jeunes de son pays via les académies Ivoiriennes (avec entre autres l’académie Mimosifcom de l’ASEC Mimosas ou l’académie Jean-Marc Guillou).

Changements :

  • Emerse Faé est nommé sélectionneur lors de la « CAN du siècle » : début catastrophe lors de la CAN à domicile, Gasset démissionne après le dernier match de poule. Adjoint de ce dernier et profil d’avenir pour la sélection, Emerse Faé est promulgué sélectionneur intérimaire. Grâce à une qualification de dernière minute en dernier meilleur troisième, Faé va conduite les Eléphants à la victoire dans une folle série aujourd’hui dans la légende (Sénégal, Mali, RDC, Nigéria). 

B) Les adversaires

Le rival Gabonais : les Panthères restent une équipe outsider sur le continent Africain depuis les années 2010, dans le sillage de leur emblématique star Pierre-Emerick Aubameyang.

Les adversaires pièges du Burundi, de la Gambie et du Kenya : ces trois nations sont clairement un ton en dessous des Ivoiriens et Gabonais dans la qualité de l’effectif et de la structuration de la sélection mais peuvent clairement poser des problèmes sur un match.

Le très très petit poucet des Seychelles : l’une des plus petites sélections mondiales dont l’objectif est souvent de réussir à marquer !

C) L'évolution de la campagne

Deux victoires faciles contre les Seychelles (9-0) et en Gambie (2-0) pour démarrer

Avec Jean-Louis Gasset encore sur le banc, les Eléphants font le travail pour bien démarrer leur campagne et aussi préparer leur CAN qui arrive. Festival face à la faiblesse Seychelloise et maîtrise face à la défense Gambienne.

Courte victoire mais crucial contre le Gabon (1-0) et match nul au Kenya (0-0) après la CAN 2023

Dans un match plutôt serré et tendu, les Ivoiriens ont réussi à prendre le dessus sur les Gabonais grâce à une magnifique frappe de Seko Fofana (36e). Face à un solide et rugueux Kenya, les Eléphants ont lâché leurs premiers points car ils n’ont pas trouvé la solution offensivement. 

Courtes victoires encore au Burundi (1-0)  puis contre la Gambie (1-0)

Au Burundi qui les attend également, les Eléphants débloquent vite la situation par Guessand (16e) et tiennent le score. Ils feront de même contre la Gambie à domicile grâce à un but d’Haller (15e).

Nouvelle victoire contre le Burundi (1-0)  puis match nul crucial au Gabon (0-0)

Bis repetita face au Burundi à domicile avec une ouverture du score précoce de Bayo (3e) qui suffira face à un adversaire trop peu dangereux. Le choc était évidemment ce match retour au Gabon face à leur rival pour la première place. Dans un match plus ouvert qu’à l’aller mais tout aussi équilibré, aucune équipe n’a trouvé la faille et cela arrange les Eléphants qui gardent un petit point d’avance sur les Panthères. 

Deux démonstrations aux Seychelles (7-0) et face au Kenya à domicile (3-0) pour valider la qualification

Un match facile aux Seychelles où Faé en profite pour faire une revue d’effectif. Puis une victoire finale bien construite contre le Kenya grâce à des buts de Kessié (7e), du jeune prometteur Diomandé (54e) et de l’étoile montante Diallo sur coup franc (84e). 

D) Le moment fort

La frappe de Seko Fofana à domicile contre le Gabon constitue selon nous le moment fort des Eléphants des qualifications car ce but permet aux Ivoiriens de faire la course en tête face à leur principal adversaire pendant la rencontre mais aussi pour le reste des matchs en vue du mondial. Qui plus est la frappe de Fofana est magnifique et fait lever le stade de Korhogo, l’importante ville du nord du pays. Décisif !

III – L’équipe d’explorateurs

A) L’orientation imaginaire, culturelle et idéologique

Le football Ivoirien, comme la majorité des footballs d’Afrique de l’Ouest, s’est construit sur une intensité physique certaine et une volonté d’aller directement vers le but. Cependant, le sens de la fête, la bonne humeur et l’excentricité du peuple Ivoirien ont également infusé leur football qui a toujours produit des attaquants spectaculaires capables de coups d’éclats et gestes spectaculaires. 

Comme évoqué précédemment, la Côte d’Ivoire a aussi bien pris le train du football moderne grâce à ses académies renommées mondialement qui forment chaque année des profils qui s’exportent en Europe. A cela, on ajoute les joueurs formés sur le vieux continent dans les meilleurs centre de formation. Ces deux facteurs ont permis à la sélection Ivoirienne d’être dans le gratin Africain d’un point de vue technique et tactique au XXIe siècle. 

Enfin, Emerse Faé, dans la continuité de Jean-Louis Gasset, a fait l’une de ses priorités l’attitude individuelle au service du collectif chez ses joueurs. En effet, après la CAN 2023, le sélectionneur confirme que sa principale difficulté n’est pas de construire un effectif compétitif sur le papier au vu de la richesse du réservoir de joueurs Ivoiriens ; mais bien de réussir à mettre toutes ces forces individuelles dans la même direction. Celle de la réussite des Eléphants de la Côte d’Ivoire. 

B) L’orientation tactique

Pour cette campagne de qualifications, Emerse Faé a fait évoluer son équipe lors de la quasi-totalité des rencontres avec une défense à 4 mais a alterné entre le 4-2-3-1 et le 4-1-4-1 pour son milieu de terrain.

Finalement, une tendance finale vers le 4-1-4-1 s’est clairement dégagée lors de la CAN 2025 mais peut-être s’autorisera t’il une évolution d’ici le coup d’envoi du mondial en Juin. 

 

Face aux gros poissons

Face aux équipes moyennes

Face aux petits poucets

Défensif

Médian avec quelques périodes de pressing ciblées / Bloc bas surface si nécessaire

Médian avec nombreuses périodes de pressing ciblées / Bloc bas surface si nécessaire

Médian-haut avec nombreuses périodes de pressing ciblées / Bloc bas surface si nécessaire

Offensif

Volonté de relancer long majoritaire / Utilisation des côtés prioritaires notamment pour créer des 1c1 pour les ailiers + amener des centres

Volonté de relancer long majoritaire / Utilisation des côtés prioritaires notamment pour créer des 1c1 pour les ailiers + amener des centres

Alternance dans la relance / Phases de possessions plus importantes / Ailiers rentrent beaucoup plus pour combiner axe et latéraux montent dans les couloirs

A la récup

Contre-attaques verticales priorisées

Contre-attaques verticales priorisées mais capables de possession défensive

Contre-attaques verticales priorisées mais capables de possession défensive 

A la perte

Repli défensif majoritaire

Alternance contre-pressing intense – repli défensif total

Contre-pressing intense majoritaire

C) Le groupe

L’effectif Ivoirien est certainement l’un des plus complets des sélections nationales Africaines. En effet, comme l’a souvent répété Emerse Faé depuis sa prise de poste, il y a de la ressource dans les joueurs qu’il peut appeler et la difficulté selon lui est plutôt de créer une alchimie et une équipe valeureuse. 

Une ligne est cependant un point faible pour les Eléphants : les gardiens de but. C’est Yahia Fofana (25 ans, Caykur Rizespor, Turquie) qui tient la corde pour être titulaire mais le gardien né à Paris et formé au Havre n’est pas une garantie de performance au très haut niveau. L’alternative dont dispose Faé est Alban Lafont (27 ans, Panathinaikos FC) qui se situe à un niveau proche mais qui ne fait pas l’unanimité du côté des supporters qui lui reprochent un attachement questionnable au maillot Ivorien. 

Pour ce qui est de la défense et du milieu, le sélectionneur dispose de joueurs référencés à bon niveau Européen et peut donc former des lignes plutôt cohérentes :

  • Guéla Doué (23 ans, RC Strasbourg Alsace), Odilon Kossounou (25 ans, Atalanta Bergame Calcio) et Evan Ndicka (26 ans, As Rome) forment une ligne solide derrière, complétée par l’inusable Ghislain Konan (30 ans, Gil Vicente FC, Portugal) qui est un soldat exemplaire. Le prometteur Ousmane Diomandé (22 ans, Sporting Portugal) peut rentrer en charnière centrale sans que l’équipe en pâtisse en talent mais peut-être en expérience. Les alternatives sur les côtés sont plus faibles en revanche.
  • Au milieu, Ibrahim Sangaré (28 ans, Nottingham Forest), Franck Kessié (29 ans, Al-Ahli SFC, Arabie Saoudite) et Seko Fofana (30 ans, FC Porto) ont encore de l’impact physiquement et le jeune au fort potentiel Christ Inao Oulaï (19 ans, Trabzonspor, Turquie) apporte une touche de finesse qui fait du bien. Jean-Michael Seri (34 ans, NK Maribor, Slovénie) peut rendre quelques derniers services mais sera clairement en dessous sur toute une compétition.

Le gros point fort de la sélection c’est son potentiel offensif, qui n’a rien à envier de beaucoup de sélections de cette Coupe du Monde. Avec déjà une tête d’affiche : l’ailier virevoltant Amad Diallo (23 ans, Manchester United) est devenue la star offensive des Eléphants et a assumé pleinement ce statut à la CAN 2025. Malgré quelques défauts notamment sur l’aspect défensif, Amad Diallo est une arme offensive de très haut niveau qui peut débloquer une rencontre à tout moment. De l’autre côté, c’est la sensation Yan Diomandé (19 ans, RB Leibzig) qui fait des ravages pour sa première année en Bundesliga et a montré également de belles choses à la CAN 2025. S’il n’a pas de référence à ce niveau de compétition internationale, il peut clairement devenir une des révélations du tournoi. En pointe, Evann Guessand (24 ans, Crystal Palace) pèse de manière impactante sur toutes les défenses. Jean-Philippe Krasso (28 ans, Paris FC), Vakoun Bayo (29 ans, Udinese Calcio) et le revenant Wilfried Zaha (33 ans, Charlotte FC, Etats-Unis) peuvent le relayer correctement en fin de match tandis qu’un autre ailier prometteur, Bazoumana Touré (20 ans, TSG 1899 Hoffenheim) peut également impacter sur un côté. 

Enfin,  trois cas singuliers qui pourraient encore renforcer la puissance de feu offensive de l’équipe si Faé les appelle :

  • celui de Nicolas Pépé (30 ans, Villareal CF) qui tourne encore très bien en Liga mais a été exclu du groupe pour la CAN 2025 suite à une polémique à cause d’une interview sur youtube où il a fait critiqué avec humour son coéquipier Alban Lafont sur son attachement au pays ainsi que le Maroc par rapport à leur « vieille » victoire à la CAN (1976). 
  • Simon Adingra (24 ans, AS Monaco), homme du match de la finale de la CAN 2023, a été écarté du groupe de par sa mauvaise dynamique depuis un an environ. Il essaie de se relancer actuellement dans le club de la Principauté.
  • Elye Wahi (23 ans, OGC Nice) qui se relance du côté du club azuréen actuellement et pourrait prétendre à une première sélection en Côte d’Ivoire puisque son destin en équipe de France semble s’arrêter aux U23.

D) Le onze

Emerse Faé fait jouer son équipe avec une défense à 4 et un milieu à 3 quoiqu’il arrive désormais, cependant il a encore quelques incertitudes pour qu’un onze se dégage totalement d’un point de vue des hommes.

En effet, avec certains en baisse de niveau et d’autres en manque de références à haut niveau international, le sélectionneur hésite souvent entre un ou deux profils à chaque ligne. 

Néanmoins, nous pensons que le onze ayant démarré contre l’Egypte en quart de finale de la CAN 2025 ressemble le plus à ce que Faé risque d’aligner à la Coupe du Monde. 

Il y a cependant des chances que le onze soit modifié selon les formes de chacun et les certitudes de Faé. La trêve de Mars sera donc très intéressante à suivre pour les Ivoiriens. 

Les remplacements principaux avec niveau d’impact sur le cours du match (faible, moyen, bon, top) :

  • Fofana remplace Oulai (bon).
  • Krasso ou Zaha remplacent Guessand (moyen).
  • Touré remplace Y. Diomandé (moyen).
  • O. Diomandé remplace l’un des deux centraux (moyen).
  • Le reste des remplacements affaiblit le niveau de la sélection (sauf si Pépé et Adingra font leur retour en sélection).

IV – Le rêve américain

A) La poule

Les Eléphants ont hérité d’un groupe plutôt corsé avec tout d’abord la National Mannschaft qui se relance depuis le début de mandat de Julian Nagelsmann et un Euro 2024 à domicile comme étincelle.  Les Allemands seront bien sûr les favoris à la première place du groupe mais ils vont devoir batailler pour l’obtenir. En effet, face à eux se dresseront les Ivoiriens évidemment mais aussi l’Equateur qui figure comme une des équipes Sud-Américaines les plus coriaces. Deuxième des qualifications continentales derrière les Argentins, les Equatoriens ont perdu deux fois seulement (en Argentine et au Brésil, deux fois 1-0) car ils disposent d’une très solide colonne vertébrale défensive (Pacho, Caicedo, Ordonez, Hincapié…). Enfin, Curaçao est l’un des petits poucets de cette Coupe du Monde à 48 équipes mais loin d’être le plus inintéressant car la sélection construite par Dick Advocaat (qui a démissionné pour raisons familiales malheureusement) est un vrai collectif huilé d’inspiration Oranje évidemment. Il ne faudra donc pas les sous-estimer. 

B) Point de vue Ivoirien

Si la CAN 2023 fut un véritable conte de fée moderne pour les supporters Ivoiriens, la dernière édition de la compétition et l’évolution de la sélection depuis n’ont pas permis de faire durer la lune de miel. Les Ivoiriens sont globalement contents d’être de retour en Coupe du Monde mais savent que leur niveau actuel est loin de l’âge d’or qu’ils ont connu il y a plus de dix ans désormais. 

De ce fait, ils évaluent plutôt bien les forces et les faiblesses de leur sélection et vont surtout attendre d’eux qu’ils parviennent à franchir le premier tour même si ce ne sera pas facile. 

Verdict :

C) Point de vue mondial

Si la baisse de niveau des Ivoiriens depuis dix ans est plutôt actée dans l’imaginaire des suiveurs du football Africain, ce n’est pas tellement le cas pour le reste du monde car une image plutôt positive des Eléphants se dégage encore aujourd’hui. L’imaginaire mondial aura tendance à légèrement les surestimer notamment grâce à leur puissance offensive. De ce fait, la majorité des gens supposeront qu’ils vont passer ce premier tour accessible grâce aux meilleurs troisièmes. 

Verdict :

V – La ruée vers l’or

Le scénario imaginé de leur compétition

Nous pensons que les Eléphants ne vont malheureusement pas réussir à se qualifier pour la phase éliminatoire et rentrer dans l’histoire de la Côte d’Ivoire.

Le premier match contre l’Equateur, déjà décisif, accouchera d’un match nul 0-0 où les défenses auront pris le pas sur les attaques des deux côtés du terrain. 

Dans la foulée, contre une Allemagne bien décidée à assurer sa qualification au deuxième match, les Ivoiriens n’arriveront pas à hausser suffisamment leur niveau pour résister à leurs adversaires, notamment sur les phases de transition Allemandes. Défaite 2-0. 

Enfin, pour ce qui est du match le plus abordable où la Côte d’Ivoire jouera son destin contre le Curaçao, nous voyons le collectif d’insiparation Hollandaise poser de vrais problèmes tactiques aux hommes d’Emerse Faé et réussir à ouvrir le score. Les Eléphants égaliseront mais n’arriveront pas à passer devant. 1-1 score final. 

Ainsi, avec deux points en trois rencontres, les Eléphants ne feront pas partie des meilleurs troisièmes et sortiront de la Coupe du Monde 2026 avec d’amères regrets d’être passés à un cheveu de la phase éliminatoire. 

Verdict final pour le parcours de la Côte d’Ivoire à la Coupe du Monde 2026 :

ELIMINATION EN PHASE DE POULE.

Malgré beaucoup d’efforts de leur part et de leurs coéquipiers, les deux étoiles montantes de l’attaque Ivoirienne ne réussiront pas à marquer suffisamment pour espérer passer le premier tour de cette Coupe du Monde 2026.

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