Coupe du Monde 2026 – LE guide foot des nations – Ecosse

Une analyse foot des nations sur la sélection de l'Ecosse pour la Coupe du Monde 2026.

I – La carte d’identité

  • Histoire avec un grand F

Les Écossais ont inventé le football. Hein quoi ? Oui car les Anglais ont créé un sport de balle à base de duel un contre un où l’on coure après un ballon en le frappant avec le pied. Les Ecossais, eux, ont modifié cela avec une évolution majeure qui est ce que l’on appelle le jeu de passe : je donne le ballon, je me déplace pour le recevoir à nouveau. Et quand on voit que certaines équipes de haut-niveau réalisent plus de 700 passes régulièrement par match actuellement, oui, on peut dire que les Scotts ont inventé le football.

Ensuite, l’Ecosse c’est un derby parmi les derbys : « l’Old Firm » entre les deux clubs de Glasgow : Celtic et Rangers. Un qui représente l’histoire celtique du pays, fortement affilié à l’imaginaire politique et culturel gaëlique et catholique. L’autre qui représente son pendant britannique, revendiquant sa fidélité à la couronne anglaise et son  protestantisme. Deux visions du kilt en somme. A eux deux, les géants glaswégiens (nom non pas d’un whisky mais des habitants de la ville) totalisent pas moins de 85% des titres nationaux ! A l’heure où je vous parle, une incroyable égalité parfaite les neutralise avec 55 championnats chacun. Bref, une rivalité profonde, parfois violente parfois apaisée, qui tire le football écossais vers le haut depuis son commencement.

Puis, des noms qui riment avec succès et réussite : Matt Busby, Jock Stein, Bill Shankly, Bob Paisley, Sir Alex Ferguson (d’ailleurs sommes-nous obligés de dire Sir même si on est pas britanniques ?). Tous des meneurs d’homme d’exception qui ont été capables de tirer le meilleur des groupes de joueurs qu’ils ont dirigé : 40 championnats nationaux (13 écossais, 27 anglais), 21 coupes nationales (12 écossaises, 9 anglaises), 7 Coupes d’Europe. Et tout ce palmarès sur le banc de quatre clubs seulement : le Celtic Glasgow (Stein), Liverpool (Shankly et Paisley), Aberdeen (Ferguson) et Manchester United (Busby et Ferguson). De ce fait, le charisme et la loyauté emblématique sont des traditions écossaises qui perdurent depuis William Wallace.

Enfin, il y a l’armée Tartan (Tartan Army en VO), du nom de l’étoffe de laine à carreaux de couleurs qui constitue les kilts des supporters écossais. La sélection nationale n’a pas de surnom, mais ses supporters oui. Symbole de l’immense ferveur de ces derniers ainsi que de leur légendaire savoir-faire du supporter pour mettre l’ambiance partout où ils passent ! A chaque match à domicile mais surtout à l’extérieur, ils appliquent leurs trois grands principes : boire de la bière, danser et avoir du bon temps dès qu’il est possible d’en prendre. Parce que c’est leur projet !!

La fameuse Tartan Army défilant dans les rues de Paris lors de la Coupe du Monde 1998.

  • La sélection (en tournoi, classement FIFA, staff).

Nous l’avons dit en préambule, l’Ecosse est une nation majeure du football à son commencement, si ce n’est la plus importante. Sa sélection réalise contre l’Angleterre le premier match international et domine le football britannique (donc mondial) avec ces derniers à la fin du XIXe siècle et au début du XXe.

Première Coupe du monde en 1954 (car pas inscrit avant !) puis 7 autres suivront jusqu’en 1998. Les premières secondes de leur dernière participation en 1998 en France sont positives car la Tartan Army crie hourra à chaque passe réussie après le coup d’envoi écossais lors du match d’ouverture contre le tenant du titre Brésilien (10 passes en 22 secondes). Mais ils encaissent 3 minutes plus tard le premier but brésilien sur corner (C. Sampaïo) et ne mèneront jamais au score dans leur poule (Brésil, Norvège, Maroc) : bon dernier avec 3 défaites, 6 buts encaissés pour 2 marqués. Une équipe malicieuse par moments et assez entreprenante offensivement (domination contre Norvège et Maroc) mais trop friable défensivement pour obtenir de meilleurs résultats.

Après ça, plus de 20 ans de disette terrible pour la sélection écossaise et une souffrance perpetuelle pour ses supporters. Aucune qualification à une Coupe du Monde ou Euro. Des désastres au scénario improbable, des humiliations, ils ont eu droit à tout ce qu’il est imaginable de subir. La phrase culte « It’s Shite beeing scottish » de Trainspotting prenait de plus en plus de sens pour les supporters.

Et vint Steve Clarke. Clarke vient du mot clerc. Ce clin d’œil religieux est tout sauf un hasard quand on sait qu’après le marasme des années 2000 et 2010, cet ancien défenseur de Chelsea est parvenu à qualifier l’Ecosse à l’Euro 2020 puis l’Euro 2024 et finalement à cette Coupe du Monde 2026. Clarke est leur messie footballistique contemporain. L’Euro 2020 fut une libération pour les supporters d’être enfin présent à un tournoi majeur, mais avec deux défaites (contre la Tchéquie et la Croatie) et un nul (contre le rival honni Anglais à Wembley) la joie initiale fut quelque peu gâchée. Pour l’Euro 2024, plus de facilité à se qualifier avec une vraie équipe qui se dégage autour du sélectionneur mais les résultats seront une nouvelle fois décevant : lourde défaite contre l’hôte allemand en ouverture puis un match nul relativement heureux contre la Suisse et une défaite cruelle en fin de rencontre contre la Hongrie.

Nous en arrivons donc à la conclusion finale de la sélection en grand tournoi : en 12 compétitions majeures (8 Coupes du Monde et 4 Euros), l’Ecosse n’est jamais sortie des poules ! Parfois par malchance mais le plus souvent par une qualité de jeu insuffisante pour s’assurer sereinement une place pour la phase à élimination directe. Cependant, 12 qualifications, c’est plutôt une bonne performance pour un pays de 5,5 millions d’habitants mais c’est vrai que la fabuleuse Tartan Army mériterait une épopée digne de ce nom (type Grèce 2004 ?). Petite par sa taille, grande par son cœur footballistique, l’Ecosse est plutôt à sa place lorsqu’elle se qualifie au tournoi majeur. C’est donc chose faite pour cette Coupe du Monde 2026 !

La dernière équipe écossaise à avoir jouer en Coupe du Monde !

II – L’obtention du visa

A) Continuités et changements au début de la campagne

Continuités :

  • Clarke et son staff adoubés par la fédération et soutenus par les supporters: avec l’auréole du retour de la confiance écossaise via les participations aux deux euros, il ne pouvait en être autrement.
  • Colonne vertébrale humaine du groupe : Robertson, Mc Tominay, Mc Ginn. Le capitaine Robertson est la star de l’équipe et même si Liverpool et lui ne sont plus au sommet, il fait toujours partie des meilleurs latéraux du monde. Mc Tominay s’affirme quant à lui comme la figure de proue offensive de l’équipe tel un Stevie Gerrard écossais, aura facilitée avec son statut de meilleur joueur de Série A. Mc Ginn est l’âme de l’équipe, dur au mal et malicieux à la fois, faisant le liant entre les deux surfaces à n’importe quel moment du match et brillant par sa polyvalence.
  • 11 de départ stable : de ce 11, seul l’expérimenté milieu Callum Mc Gregor a pris sa retraite internationale. Véritable volonté de continuité de ce point de vue-là pour construire des repères stables et efficients.

Changements :

  • Passage d’un 5-3-2 à 4-2-3-1 : volonté d’être plus équilibrés collectivement, à la fois défensivement mais aussi pour presser.
  • 50% du groupe élargi renouvelé: volonté de faire de la place pour intégrer de jeunes profils.

B) Les adversaires

Le gros poisson Danois : principal rival pour la qualification, les Danois sortent d’un Euro 2024 moins magistral que celui de 2020 mais restent un groupe solide et favori pour la qualification directe. 1er et dernier match pour les Ecossais. Opposition décisive donc.

Le mort-vivant Grec : si les grecs n’ont plus participé à une compétition majeure depuis la CDM 2014 au Brésil et que leur victoire à l’Euro 2004 semble toujours incroyable et loin désormais, ils se reconstruisent et sont passés à un match contre la Géorgie d’aller à l’Euro 2024. Pas à prendre à la légère.

Le petit poucet Biélorusse : malgré ces 10 millions d’habitants, le niveau de structuration du football biélorusse ne leur a encore jamais permis de se qualifier à une compétition majeure. Actuellement en niveau C de Ligue des Nations.

C) Le parcours des qualifications

Match nul 0-0 au Danemark

Une première rencontre déjà décisive à l’extérieur chez le favori Danois et l’Ecosse ramène un bon point de Copenhague. Si les Danois ont eu la possession et des occasions franches, les Ecossais auraient pu ramener les trois points avec quelques occasions également.

Victoire 2-0 en Biélorussie

Une deuxième rencontre qui confirme la bonne entrée de l’Ecosse dans ces qualifications avec une victoire en Biélorussie (4 points obtenus à l’extérieur). Les joueurs de Clarke ont déverrouillé le match par Adams avant la mi-temps, avant de dérouler lorsque les Biélorusses ont ouvert le jeu en 2e.

Victoire 3-1 face à la Grèce

Première réception de ces qualifications et presque désillusion car les Grecs se sont montrés plus entreprenants, en ouvrant le score à la 62e par Tsimikas. L’Ecosse est revenue au courage sur CPA avec Ryan Christie (64e) puis Lewis Ferguson (80e) avant que Lyndon Dykes ne profite d’une bourde du gardien grec pour finir le travail (93e). Chanceux !

Victoire 2-1 face à la Biélorussie

Chanceux, ils l’ont été encore contre la Biélorussie : leur défense friable a concédé la première grosse occasion à 0-0 puis un but refusé pour une faute bien en amont de l’action et finalement la réduction du score en fin de match (96e). Ils auraient pu perdre la rencontre si Adams (15e) et Mc Tominay (84e) n’avaient pas trouvé le chemin des filets.

Défaite 3-2 en Grèce

A ce moment là, l’Ecosse est 1ère ex-aequo avec le Danemark mais avec une moins bonne différence de but. Avec une victoire en Grèce, c’est une finale à domicile contre les Danois. Mais ils vont se faire battre de façon assez méritée en Grèce : leur défense prendra l’eau avec 3 buts encaissés en 60 minutes. Puis une folle remontée à l’énergie et au cœur ratée de peu avec plusieurs balles de 3-3 ratées. Défaite logique.

Victoire 4-2 face au Danemark

Dans le même temps que la défaite en Grèce, les Danois ont concéder le nul à domicile contre la Biélorussie : l’Ecosse a sa finale pour la qualification directe ! Dans un match totalement fou où le scénario sourit aux Ecossais (but somptueux et rapide de Mc Tominay, carton rouge danois à 1-1), Kieran Tierney (93e) puis Kenny Mc Lean (98e) envoient l’Ecosse au paradis. C’est avec le cœur, la réussite et le public que la victoire fut obtenue.

D) Le moment fort

Les trois buts contre le Danemark sont historiques à bien des égards : déjà par leur beauté, le retourné de Mc Tominay dominant la mêlée de ce point de vue-là. Puis d’un point de vue du scénario émotionnel du match, de vraies montagnes russes. Et enfin du fait du contexte puisqu’ils envoient l’Ecosse directement en Coupe du Monde pour la première fois depuis 1998. Depuis ces trois buts, « it’s not shite anymore beeing scottish ! ».

III – L’équipe d’explorateurs

A) L’orientation imaginaire, culturelle et idéologique

Par leurs débuts footballistiques très collectif, les Ecossais sont les plus joueurs idéologiquement des peuples celtiques et britanniques (Irlande du Nord, Irlande, Pays de Galles, Angleterre). Les supporters écossais apprécient lorsque leurs joueurs tentent des choses malines et collectivement réfléchies.

Néanmoins, comme leurs voisins, ils ont aussi une dimension « fighting spirit » d’outre-manche dans leur mentalité et valorisent donc un sens du sacrifice et une débauche d’énergie au-dessus de la moyenne mondiale.

La disette des années 2020 et 2010 a impacté profondément la confiance des Ecossais dans leur sélection nationale. Ces doutes et peurs peuvent ressurgir dans les têtes des joueurs et supporters à chaque moment difficile lors d’un match ou d’une compétition.

Steve Clarke est arrivé en 2019 avec la ferme volonté de mettre un terme à cela avec à sa sélection en se basant sur une confiance totale donnée à ses joueurs et l’accent mis sur la stabilité dans le groupe :
« Je suis convaincu que nous avons un groupe de joueurs talentueux capables de réussir sur la scène internationale. Je me réjouis de travailler avec eux et de les aider à réaliser leurs ambitions. » Steve Clarke, lors de sa nomination au poste de sélectionneur en 2019.

La stratégie a payé avec ces deux qualifications aux deux derniers Euro mais aussi un vrai échec à domicile contre l’Ukraine pour la qualification à la CDM 2022. L’équipe actuelle est donc très soudée car elle a vécu de beaux moments qui ont d’ores et déjà redoré le blason de la sélection mais également des moments durs. Clarke a capitalisé sur toutes ces émotions dans son approche humaine en insistant sur le « voyage » qu’ils réalisent et que chaque expérience doit leur servir : les bonnes pour la confiance et les mauvaises pour la volonté, la détermination. Simple mais efficace et cohérent vis-à-vis de là d’où vient cette sélection à l’ère contemporaine.

B) L’orientation tactique

Pour cette campagne de qualification, Steve Clarke a décidé de passer dans un 4-2-3-1 globalement plus ambitieux avec plus de densité axiale et une capacité à presser plus assumée.

Evidemment, ils sont aussi capables de défendre bas pendant de longues séquences et ne s’en privent pas si c’est nécessaire.

 

Face aux gros poissons

Face aux équipes moyennes

Face aux petits poucets

Défensif

Médian-bas + quelques périodes de pressing ciblées

Médian + plusieurs périodes de pressing

Médian-haut avec périodes de pressing récurrentes

Offensif

Volonté de relancer court-axial selon bloc adverse / présence surface – centres

Volonté de relancer court-axial majoritaire / présence surface – centres

Volonté de relancer court-axial majoritaire

/ présence surface – centres + appels milieux profondeur

A la récup

Jeu direct majoritaire

Jeu direct majoritaire

Jeu direct majoritaire

A la perte

Repli majoritaire sauf périodes ciblées

Equilibré entre repli et contre-pressing

Contre-pressing majoritaire

C) Le groupe

Le milieu écossais est leur point fort avec 4 joueurs compétitifs que sont Gilmour, Ferguson, McTominay et McGinn pour trois postes. C’est clairement un milieu qui peut embêter beaucoup de sélections et leur permet d’assumer leurs nouvelles ambitions dans l’entrejeu. McGinn se décale d’ailleurs sur l’aile gauche pour que les quatre soient sur la pelouse.

En revanche, sur toutes les autres lignes c’est plus moyen voire faible. Au niveau des GB, le vétéran Craig Cordon a repris du service au vu de la blessure d’Angus Gunn mais tous les deux sont remplaçants dans leur club respectif (Heart of Midlothian et Nottingham Forest). Sur la ligne défensive, Robertson apporte une grande qualité offensive certes, mais de l’autre côté Aaron Hickey (Brentford) peine à s’imposer en club et n’assure pas une grande solidité non plus. Grant Hanley est un pilier de l’équipe en défense centrale mais est limité par sa qualité globale au très haut-niveau. Souttar et McKenna se disputent l’autre place sans arriver à se départager. Devant, Dyles et Adams se partagent le rôle de l’attaquant de pressing mais n’assurent pas un rendement offensif de haut-niveau. L’expérimenté renard des surfaces Shankland peut servir dans les fins de match s’il faut pousser. Le petit feu follet Ben Doak est une belle promesse mais ne garantit pas encore un rendement récurrent. De l’autre côté, Ryan Christie dépanne quand McGinn joue dans l’axe avec une bonne capacité de différences dans les 30 derniers mètres mais rien de transcendant non plus. Kieran Tierney (ex-espoir du foot écossais à la carrière freinée par les blessures) et Kenny McLean (briscard du milieu de terrain) font office de jokers pour Steve Clarke.

46% de l’effectif est dans des clubs des cinq championnats majeurs (5 en PL, 6 en Série A = vraie connexion italienne !) mais tous ne jouent pas régulièrement. Le reste évolue soit dans le championnat écossais (30%), soit dans des divisions étrangères de deuxième et troisième rang dont le Championship, l’Arabie Saoudite et la Croatie (25%).

D) Le onze

Comme nous l’avons souligné, Clarke mise beaucoup sur la stabilité pour sa sélection et cela se répercute principalement sur son onze de départ. Le onze de Clarke qui se dégage des qualifications est ci-dessous.

Dykes démarre plutôt dans les matchs où l’Ecosse va abandonner la possession (Danemark récemment par exemple). Mais C. Adams joue quand son sélectionneur veut plus de domination offensive.

McKenna était titulaire lors du match décisif contre le Danemark donc ça peut lui donner un avantage sur Souttar.

Pour le reste, c’est plutôt stable quelques soient les adversaires et le contexte.

Les remplacements principaux avec niveau d’impact sur le cours du match (faible, moyen, bon, top) :

  • Celui qui ne démarre pas entre Dykes et Adams remplace l’autre (moyen).
  • Ryan Christie à la place de Ferguson ou Gilmour, des fois sur l’aile gauche replaçant McGinn au milieu (moyen).
  • Kenny Mc Lean et Kieran Tierney peuvent suppléer au milieu (faible).
  • George Hirst et Lawrence Shankland peuvent faire des fins de match sur le front de l’attaque (faible).
  • Hickey peut être remplacé par Antony Ralston (faible).

IV – Le rêve américain

A) La poule

Pour son retour en Coupe du Monde, l’Ecosse tombe dans une poule très difficile mais surtout retrouve le Brésil et le Maroc comme lors de sa dernière participation en 1998. Si ce n’est pas le plus grande Brésil que nous avons connu, le quintuple vainqueur de la compétition est toujours un favori à la victoire finale et aura l’avantage d’avoir l’un des meilleurs entraîneurs de tous les temps sur son banc (Ancelotti). Quant au Maroc, il est bien plus fort qu’en 1998 et sera prétendant à la première place de la poule sans complexe même si les attentes se préciseront après sa CAN à domicile de l’hiver 2025-2026. Le tirage d’Haïti est en revanche positif car les grenadiers font partie des petits poucets de cette Coupe du Monde et permettra un match abordable mais crucial pour les Ecossais s’ils veulent enfin passer le 1er tour.

B) Point de vue écossais

Le plus dur pour les Ecossais va être de ne pas se contenter d’être contents d’être là. Comme ils l’ont fait pour l’Euro 2020. C’est déjà difficile mais à cela se rajoute le poids de l’histoire avec 0 qualifications au second tour. Comment se sortir de la tête que ça serait un exploit de passer la phase de poules ?

Comme pour beaucoup de sélections, l’espoir passe par le nombre d’équipes : les phases de poules seront plus faciles et ouvrent la voie à un seizième de finale bien plus accessible que les huitièmes en 2022. Qui plus est, l’Ecosse ne sera certainement pas le petit poucet du tournoi : la présence d’Haïti dans leur poule leur donne cet espoir. Il faudra finir dans les 8 meilleurs 3e à minima pour se qualifier, c’est donc bien possible si l’Ecosse remporte au moins une victoire contre les grenadiers et soigne son goal-average.

A cela va se rajouter la conviction des supporters que leur équipe dispose de talents offensifs certains et surtout d’une détermination à toute épreuve qu’à su insuffler Steve Clarke à son équipe depuis sa prise de fonction en 2019. Poussée par une Tartan Army déchaînée, ils pourraient renverser bien des monstres, non pas du Loch Ness, mais bien du foot mondial.

Cependant, leur friabilité défensive et les peurs d’antan pourront vite ruiner les espoirs écossais et gâcher la fête comme à l’Euro 2020. Verdict :

C) Point de vue mondial

36e nation mondiale, l’Ecosse est probablement mieux vue par le monde qu’elle ne se voit elle-même car l’impact émotionnel négatif des années 2000 et 2010 est principalement ignoré au-delà des Highlands. C’est ambivalent car cela peut à la fois leur servir car ils inspirent une crainte pour les petites nations et facilitera peut-être une victoire contre ce type d’équipes. Mais ils seront pris au sérieux par les nations majeures et réduisent leurs chances de créer la surprise. Ancelotti a d’ailleurs vanté la solidité de l’équipe écossaise après le tirage des poules.

Avec ce mondial à 48 équipes plus accessible, sans connaître l’ampleur de leur friabilité défensive ainsi que le poids de la pression du passé, l’imaginaire du gotha footballistique mondial penchera vers une qualification des Ecossais en seizième de finale. Verdict :

V – La ruée vers l’or

Le scénario imaginé de leur compétition

Le premier match pour les Ecossais sera le plus important : première rencontre officielle contre les Haïtiens et déjà gros enjeu car victoire impérative et si possible avec beaucoup de buts d’écarts. Selon nous, l’Ecosse va y parvenir car ils seront déchaînés d’être de retour en compétition et ont montré une vraie capacité à marquer contre les petites équipes. Scott Mc Tominay marquera ou fera marquer, victoire par trois buts d’écart 3-0 ou 4-1.

Les deux matchs suivants contre le Maroc et le Brésil seront à peu près de même acabit : l’Ecosse fournira une prestation solide mais sera trop friable pour espérer l’emporter. Nous voyons deux défaites d’un but d’écart type 1-2 et 0-1.

Avec ce bilan-là, l’Ecosse se retrouvera avec 3 pts et un goal average positif. C’est l’assurance quasi-totale de finir dans les 8 meilleurs troisièmes. Nous pensons donc que le sort va enfin être vaincu pour nos amis des Highlands et qu’ils passeront enfin un premier tour en Coupe du Monde pour cette édition nord-américaine !

En revanche, le 16e de finale sera l’un des plus difficiles car dans notre tableau l’Ecosse tombe contre l’équipe de France, finaliste en 2022. Contre les Bleus de Deschamps, nous voyons deux scénarios possibles : type France-Irlande en 8e ou France-Islande en ¼ de finale à l’Euro 2016. Soit un match plutôt fermé et crispant que la France débloquera au talent. Soit un match ouvert où les Bleus dérouleront leur jeu offensif face aux largesses de la défense écossaise. Dans tous les cas, dans notre scénario, le parcours des fiers écossais se termine face à la der de la Desch.

Verdict final pour le parcours de l’Ecosse à la Coupe du Monde 2026 :

ELIMINATION EN 16e DE FINALE CONTRE LA FRANCE.

Les Ecossais devraient une nouvelle fois écrire l’histoire en passant les poules dans une Coupe du Monde pour la première fois !

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