Coupe du Monde 2026 – LE guide foot des nations – Suisse

Une analyse foot des nations sur la sélection Suisse pour la Coupe du Monde 2026.

4 morceaux de musique Helvète pour se mettre dans l'ambiance pendant la lecture :
- Un chant traditionnel de bergers.
- Un extrait symphonique du grand compositeur visionnaire Honegger.
- Le tube "Mange le riche" (oui !!) du groupe culte de hardrock Krokus.
- Un hommage pop des excellents genevois Rebels of Tijuana au Brésil 70 de Pelé.

I – La carte d’identité

  • Histoire avec un grand F

Si la Suisse n’est souvent pas considérée dans l’imaginaire collectif comme une nation majeure du football, elle a eu pourtant toujours une vraie importance sur la planète du ballon rond. Tout d’abord parce que le jeu y arrive vite : des étudiants anglais à Lausanne vont y fonder en 1860 le « Lausanne Football and Cricket Club », premier club de football hors Angleterre du monde. L’Association Suisse de Football (ASF) est l’une des plus vielles fédérations nationales de football, fondée en 1895 (contre 1919 pour la FFF par exemple).

Qui plus est, la Suisse est l’une des sept nations fondatrices de la FIFA (avec la France, la Belgique, l’Espagne, les Pays-Bas, le Danemark et la Suède) et héberge actuellement son siège à Zurich. Il en est de même pour l’UEFA, fondée en en 1954 à Bâle et dont le siège est en Suisse depuis 1959 (d’abord à Berne puis à Nyon). Les archives de l’UEFA, conservées dans ce siège, sont inscrites comme bien culturel Suisse d’importance nationale. Et nous ne pouvons parler du rôle Suisse dans les instances internationales sans évoquer Sepp Blatter, président Helvète de la FIFA de 1998 à 2015. L’homme d’affaires puis dirigeant sportif aura en 4 mandats fait rentrer le football dans l’ère moderne, non sans controverse (impliqué pendant sa présidence dans plusieurs affaires de corruption notamment). Belle anecote également, le fondateur du FC Zurich est également celui du FC Barcelone (vous avez bien lu !) : Hans Gamper, joueur Suisse passionné de football qui s’est expatrié en Catalogne et est devenu un homme important à là bas. En somme, le pays Helvète a eu une réelle importance dans la genèse et la structuration du football européen et mondial.

Au-delà de cet aspect structurel, le football est aussi le sport le plus populaire en Suisse. En effet, 4% de sa population est licenciée dans un club de football (370 000 licenciés pour 9 millions d’habitants). C’est plus que la France (environ 3%), l’Espagne ou l’Italie (environ 2%). Au niveau national, le football Suisse n’échappe pas à la loi qui veut que le ballon rond est souvent relié aux sphères de puissance : 80% des titres nationaux sont répartis sur les clubs des 5 villes majeures de Suisse (les deux clubs de Zurich, le Servette de Genève, le FC Bâle, le FC Lausanne-Sport et les Young Boys de Berne). Ces clubs dominants sur la scène nationale n’ont jamais réussi à jouer les premiers rôles en Europe (le Grasshopper Zurich et les Young Boys ont atteint la demi-finale de C3, respectivement en 1978 et 2013) mais sont régulièrement présents tout du moins.

Pays riche ayant des infrastructures de qualité, la Suisse s’est logiquement vue attribuer l’organisation de compétitions internationales. Elle organise en 1954 la 5e édition de la Coupe du Monde puis coorganise avec l’Autriche en 2008 la 13e édition du Championnat d’Europe. Sur le plan féminin, elle a aussi accueilli récemment le championnat d’Europe en 2025. En somme, le monde du football a toujours pu compter sur la Suisse et le ballon rond compte pour son peuple. Donc oui, la Suisse est un vrai pays de football !

La Suisse a eu un rôle important dans la structuration du football international.
Le football est incontestablement le sport le plus populaire du pays.
  • La sélection (en tournoi, classement FIFA, staff).

L’histoire de la sélection Helvète peut se résumer en 4 grandes périodes depuis son premier match en 1905 contre la France.

La première de ces périodes est peut-être la plus faste puisque la Nati, en tant que nation pionnière de la construction du football international, va être dans le wagon de tête du ballon rond mondial de 1905 jusque dans les années 60. Présente dès la deuxième édition de la Coupe du monde en 1934 dans l’Italie fasciste de Mussolini jusqu’en 1966 en Angleterre, elle parvient à faire trois quarts de finales :

  • En 1934, à la suite d’une victoire en huitième de finale contre les Pays-Bas 3-2 (16 équipes qualifiées pour le tournoi qui commence directement en huitième). La Nati perd ensuite 3-2 également contre la Tchécoslovaquie qui sera finaliste de l’édition.
  • En 1938, elle gagne son huitième aux TAB contre l’équipe de l’Allemagne nazie mais perd 2-0 contre les Hongrois qui seront finalistes également.
  • En 1954, lors sa Coupe du Monde à domicile. Pour la première édition avec des phases de poule, les Suisses finissent deuxième derrière l’Angleterre mais devant l’Italie (double championne du monde) et la Belgique. Puis en quart, ils affrontent l’Autriche pour ce qui reste le match le plus prolifique de l’histoire de la Coupe du Monde : une mémorable défaite 7 buts à 5 (!!) où la Nati a pourtant mené 3-0 à la 19e minute avant d’encaisser 5 buts entre la 25e et la 34e ! Chaque équipe marquera encore deux buts en deuxième période. Match complètement fou mais à l’issue malheureuse pour la Nati qui n’aura pas réussi à remporter son billet pour les demi-finales devant son public à Lausanne.

La deuxième période est la plus difficile puisque, de la fin des années soixante au début des années 90, le niveau national de l’équipe Suisse sur la scène footballistique internationale va chuter fortement : aucune qualification à la Coupe du Monde ni à l’Euro ! Plusieurs facteurs expliquent cela :

  • La mondialisation footballistique d’abord, qui a augmenté grandement la quantité d’équipes nationales mais aussi leur qualité. La concurrence fut donc bien plus difficile.
  • Une ringardisation du « verrou suisse », tactique et mentalité des premières heures de la Nati, très défensif et passif.
  • Une forme de Röstigraben footballistique : phénomène Suisse, quand se manifestent les clivages internes au pays entre la Suisse alémanique et la Suisse romande voire le Tessin (italophone). Les francophones et italophones étaient pour un jeu plus offensif alors que les germanophones souhaitaient rester sur les valeurs défensives historiques.

Les résultats furent tellement difficiles pendant ces années que le moindre match nul contre une grande nation était vécu comme une victoire et les joueurs Suisses se sont plus ou moins désintéressés de leur sélection.

Puis ce fut le début du renouveau pendant les années 90 et 2000. Une reconstruction est menée sur le terrain par des sélectionneurs ambitieux (Uli Stelike, Roy Hodgson) et des investissements conséquents sont réalisés dans la formation nationale pour l’avenir. Ce vent de fraîcheur paye  avec tout d’abord la première qualification à la Coupe du Monde depuis celle de 1966 pour celle des USA en 1994. Terminant deuxième de leur poule derrière la Colombie mais devant le pays hôte, la Nati se fait sortir sèchement par l’Espagne 3-0 en huitième. Cela reste une excellente performance de revoir la Suisse à ce niveau et elle confirme en se qualifiant pour son premier Euro en 1996 sans y faire un gros tournoi (1 nul contre l’Angleterre, 2 défaites contre l’Ecosse et les Pays-Bas). S’ils ont de nouveau un petit trou en ratant l’Euro 2000, la Coupe du Monde 1998 et celle de 2002, les Suisses sont à l’Euro 2004 puis à la Coupe 2006 en réussissant à sortir de poule une nouvelle fois : 1er de leur poule devant l’équipe de France de Domenech et Zidane, ils arrivent confiants en huitième de finale contre l’Ukraine de Chevtchenko mais se font sortir aux TAB suite à un match âpre et défensif (0-0). L’Euro 2008, coorganisé avec l’Autriche, sera une vraie déception puisque la Nati perd ses deux premiers matchs contre la Tchéquie et la Turquie et se retrouve éliminée malgré une victoire anecdotique contre le Portugal qui avait fait tourner. La Suisse va mieux globalement mais ne se qualifie pas à la Coupe du Monde 2010 ni à l’Euro 2012 dans la foulée, restant encore dans une certaine irrégularité au niveau international.

Enfin, depuis ce moment-là, la Nati n’a fait que progresser avec d’abord une excellente campagne de qualification pour la Coupe du Monde 2014 (7 victoires, 3 nuls) qui l’amène en tête de série au mondial pour la première fois de son histoire. Dynamisée par une vague de jeunes joueurs (Xhaka, Shaqiri, Rodriguez entre autres), la Nati finit deuxième de sa poule derrière l’équipe de France et se retrouve en huitième finale contre l’Argentine de Messi. Dans un match que les Argentins dominent, la Nati tient bon et emmène les coéquipiers de la Pulga en prolongations. Di Maria sauvera les siens de la séance de TAB en marquant à la 118e minute. Cruel final mais bon tournoi pour la Nati qui augure la vague positive de la sélection : huitième de finale à l’Euro 2016 et aux Coupes du Monde 2018 et 2022, quarts de finale à l’Euro 2020 et 2024. Avec à chaque fois des prestations de plus en plus convaincantes. La plus récente par exemple où l’Angleterre aura dû en passer par les TAB pour sortir la Nati en 2024 dans un match que les Suisses auraient pu gagner (ils menaient 1-0 à la 75e).

La Nati est donc (re)devenue depuis une dizaine d’années une excellente sélection européenne et mondiale. Elle a donc clairement l’objectif de faire encore mieux que ses dernières campagnes internationales pour cette Coupe du Monde nord-américaine !

Ci-dessous, un résumé du quart de finale historique à Lausanne entre la Suisse et l’Autriche en 1954 (5-7), match le plus prolifique de l’histoire de la Coupe du Monde.

II – L’obtention du visa

A) Continuités et changements au début de la campagne

Continuités :

  • Murat Yakin encore et toujours : auréolés de la meilleure performance lors d’un Euro pour son pays avec un quart de finale en 2024 qui aurait pu tourner à son avantage face à l’Angleterre, le sélectionneur et son staff ont fort logiquement été reconduits après la compétition. En poste depuis 2021, l’ex défenseur international Suisse est devenu un vrai pilier de la Nati, certainement le meilleur entraîneur de son histoire désormais.
  • Effectif élargi stable : une vraie colonne vertébrale s’est construite dans la sélection depuis dix ans permettant une vraie stabilité dans le travail de l’équipe. Mais a cela s’ajoute une récurrence dans le reste de l’effectif également. En clair, c’est un groupe qui se connaît très bien qui démarre cette campagne de qualification avec l’ambition de se qualifier directement au mondial.

Changements :

  • Passage à un 4-3-3 dans le dispositif tactique : Murat Yakin avait construit son bel Euro 2024 grâce à un 3-4-2-1 très fluide mais a décidé de tester un 4-3-3 durant deux amicaux en Amérique du Nord avant les qualifications (victoire 4-2 contre le Mexique et 4-0 contre les USA). Satisfait de ce qu’il y a vu, il l’a reconduit pour toutes les qualifications.

B) Les adversaires

Le poil-à-gratter Kosovar : la jeune nation footballistique des Balkans (autorisée à participer aux compétitions FIFA en 2014 seulement, de par la situation politique complexe du pays)  monte en puissance sur le continent ces dernières années avec quelques belles performances (promu par exemple au niveau B de Ligue des Nations).

Le drakkar endommagé Suédois : depuis le début de la décennie qui coïncide avec la fin de la carrière du meilleur joueur de son histoire, Zlatan Ibrahimovic, la Suède n’est plus que l’ombre d’elle-même avec des résultats catastrophiques (pas de qualification en Coupe du Monde ni Euro, deux rétrogradations en Ligue des Nations).

Le challenger Slovène : la Slovénie sort de la plus grande performance de son histoire avec une qualification en huitième de finale à l’Euro contre le Portugal. Qualifiée grâce à 3 matchs nuls en poule, elle se fait éliminée aux TAB par les coéquipiers de Ronaldo mais sort du tournoi sans avoir perdu un seul match. Une équipe très solide défensivement donc !

C) L'évolution de la campagne

Victoire 4-0 contre le Kosovo

Pour son premier match, la Nati faisait face au Kosovo qu’elle n’avait jamais battu (3 matchs nuls) avec un statut de favori à confirmer. En marquant 4 fois avant la mi-temps, les hommes de Yakin ont totalement assumé leurs responsabilités. Un but sur corner et trois buts dans le jeu, une supériorité défensive également. Une vraie belle victoire.

Victoire 3-0 contre la Slovénie

Face à des Slovènes frileux et attentistes, la Nati a entamé le match en dominant son adversaire et ouvre le score une nouvelle fois sur corner à la 18e puis double la mise de la même manière à la 33e (par Embolo qui signe déjà son troisième but des qualifications). N’Doye inscrira le troisième et dernier but 5 minutes plus tard, 3-0 score à la pause. La 2e mi-temps sera plus terne des deux côtés mais la Nati entame parfaitement sa poule en étant seule première avec deux victoires en deux matchs, sept buts marqués et zéros encaissés.

Victoire 2-0 en Suède

Premier et potentiellement le plus gros déplacement de ces qualifications pour la Nati. Face à une Suède qui est déjà dos au mur après sa défaite au Kosovo (2-0), les Suisses entament bien le match et manquent d’ouvrir le score par deux fois rapidement (encore sur corner notamment). Ils ont la possession mais s’exposent aux contres puissants de Gyökeres et Isaac : par miracle les Suédois ratent deux énormes occasions. En 2e mi-temps, la situation se débloque par un pénalty logique transformé par Xhaka à la 64e puis la Nati double la mise en contre à la 93e par le prometteur Manzambi. 9/9 points, la campagne parfaite continue.

Match nul 0-0 en Slovénie

Premier accro pour la Nati qui n’a pas réussi à vaincre l’équipe d’Oblak et de Sesko dans leur antre à Ljubjana. Avec une défense solide et cohérente, les Slovènes ont vraiment donné du fil à retordre à l’équipe Suisse car ces derniers n’ont pas réussi à se procurer suffisamment d’occasions franches pour débloquer la situation. Dans le même temps, le Kosovo est allé gagner en Suède et revient à 3 points de la Nati.

Victoire 4-1 contre la Suède

La Suède se présente à Genève avec rien à perdre et son nouveau sélectionneur fraîchement nommé, Graham Potter. Potentiellement un match piège donc mais la Nati a démarré la rencontre avec confiance et domine logiquement les Nordiques : Embolo (encore lui !) ouvre la marque sur un centre d’N’doye à la 12e minute. Rien n’est fait car la Suède se rebiffe et égalise à la 33e, exploitant les espaces que laissent la possession haute Suisse à la récupération du ballon. En deuxième, un pénalty permet aux hommes de Yakin de repasser devant (60e) puis l’équipe déroule jusqu’à la fin de match avec deux nouveaux buts (75e, 94e). La Nati a bien fait car le Kosovo a encore gagné (2-0 en Slovénie). Grâce à cette victoire et leur excellente différence de but, la Nati a 95% de se qualifier à moins de s’écrouler au Kosovo pour le dernier match.

Match nul 1-1 au Kosovo

Face à une surprenante équipe du Kosovo qui a une faible chance de se qualifier directement en enflammant la rencontre, la Nati démarre très bien en étouffant son adversaire dès le coup d’envoi. Les Suisses se procurent deux occasions franches mais ne convertissent pas donc le Kosovo s’engaillardit et revient bien dans la rencontre. 0-0 à la pause. La Nati va rattaquer pied au plancher et ouvrir le score à la 47e minute par Vargas. Derrière le but, le match s’équilibre et se débride. Les Kosovars qui poussent finissent par égaliser d’une très belle frappe de Muslija à la 74e. La fin de match sera pourtant bien gérée par la Nati malgré quelques piqûres de leur adversaire du soir. Score final 1-1.

D) Le moment fort

Une fois n’est pas coutume, il s’agit ici d’un raté adverse qui constitue selon nous le moment fort des qualifications de la Nati. En effet, l’énorme raté du milieu Suédois Bergvall à la 43e minute permet aux Suisses de rester à 0-0 juste avant la mi-temps. Comme évoqué plus haut, les hommes de Yakin vont prendre les devants et remporter une victoire qui leur permet de clouer la Suède à 1 point sur 9 possibles. Une victoire contre la Nati aurait pu relancer totalement la poule, mais ce ne fut pas le cas. La réussite du gagnant !

III – L’équipe d’explorateurs

A) L’orientation imaginaire, culturelle et idéologique

Le football Hélvète s’est construit tout d’abord sur une solidité défensive incarnée par le « verrou Suisse » du sélectionneur emblématique Karl Rappan. Précurseur de ce qui deviendra ensuite le catenaccio italien et inventeur du poste de libéro, l’entraîneur Autrichien a posé la première pierre de la construction culturelle du football Suisse grâce à 4 passages sur le banc de la Nati entre 1937 et 1963 pour un total de 77 matchs (29 victoires, 12 nuls et 36 défaites), record encore aujourd’hui. Les Suisses ont donc toujours cultivé cette rigueur défensive qui fait d’elle une équipe difficile à manœuvrer.

Depuis les années 2000 et surtout les années 2010, le travail de fond enclenché par la fédération Suisse a fini par porter ses fruits en amenant de plus en plus de joueurs au très haut niveau mondial. Cela a donc permis de pouvoir faire évoluer les ambitions de la Nati dans le jeu, notamment offensivement. Elle est donc devenue une nation très moderne, notamment depuis le règne de Petkovic : avec une génération dorée, l’équipe va développer toutes les qualités du football tel qu’on le connaît aujourd’hui. Possession, pressing et transitions sont des principes maîtrisés par la sélection Suisse ce qui fait d’elle une équipe encore plus dominante et capable de sortir des mastodontes du foot des nations (l’équipe de France en 2021 à l’Euro en 2021 ou encore l’Italie en 2024 à l’Euro également).

Murat Yakin a encore donné un coup d’accélérateur dans ce sens depuis qu’il a pris les rênes de l’équipe avec encore plus d’ambition dans le jeu et donc au niveau des résultats sportifs. Le temps où la Nati était passive et défensive est donc totalement révolu désormais car l’équipe nationale Suisse est une vraie sélection ambitieuse qui souhaite battre tous ses adversaires sans complexe et avec les dents longues.

B) L’orientation tactique

Pour cette campagne de qualifications, Murat Yakin est donc passé dans un 4-3-3 qui ressemble plus à un 4-1-4-1 en phase défensive. Les ailiers prennent seulement le large et de la hauteur en phase offensive. 

La Nati est allée systématiquement chercher les 3 adversaires de sa poule en bloc médian-haut mais est clairement capable de phases de défenses basses sans problèmes. 

 

Face aux gros poissons

Face aux équipes moyennes

Face aux petits poucets

Défensif

Médian-haut avec nombreuses périodes de pressing ciblées / Bloc bas surface si nécessaire

Médian-haut avec nombreuses périodes de pressing ciblées / Bloc bas surface si nécessaire

Haut avec pressing permanent / Bloc bas surface si nécessaire

Offensif

Volonté de relancer court majoritaire / Phases de possessions importantes / Beaucoup de combinaisons axiales avec milieu à trois qui permute beaucoup

Volonté de relancer court majoritaire / Phases de possessions importantes / Beaucoup de combinaisons axiales avec milieu à trois qui permute beaucoup

Volonté de relancer court majoritaire / Phases de possessions importantes / Beaucoup de combinaisons axiales avec milieu à trois qui permute beaucoup

A la récup

Possession défensive majoritaire mais capables de contre-attaques verticales

Possession défensive majoritaire mais capables de contre-attaques verticales

Possession défensive majoritaire mais capables de contre-attaques verticales

A la perte

Alternance contre-pressing intense – repli défensif total

Alternance contre-pressing intense – repli défensif total

Contre-pressing intense majoritaire

C) Le groupe

L’effectif Suisse est très intéressant car le niveau moyen de ses joueurs est vraiment élevé même s’il lui manque quelques têtes d’affiches. Trois joueurs se distinguent selon nous à chaque ligne : Manuel Akanji (30 ans, Inter Milan) en défense centrale reste l’un des tous meilleurs relanceurs de la planète, Granit Xhaka (33 ans, AFC Sunderland) est l’un des meilleurs milieux expérimentés et certainement un futur grand coach (il a déjà commencé à passer ses diplômes) puis devant Dan Ndoye (25 ans, Nottingham Forest) qui est un grand dynamiteur de défenses adverses même si sa saison en Premier League est difficile actuellement.

C’est peu trois joueurs, mais à côté d’eux toutes les lignes sont fournies en joueurs de grande qualité pour le football international si bien qu’aucune faiblesse ne se manifeste réellement de l’effectif dont dispose Murat Yakin. Un vrai bonheur d’entraîneur.

Grégor Kobel (28 ans, Borussia Dortmund) a eu la lourde tâche de prendre la suite de la légende Ian Sommer dans les buts de la Nati mais a progressivement répondu aux attentes et sera donc un point fiable pour son équipe au mondial.

Défensivement, l’emblématique Ricardo Rodriguez (33 ans, Real Betis Balompié) est toujours présent et efficient sur son côté gauche grâce à son expérience. Nico Elvedi (29 ans, Borussia Mönchengladbach) complète la charnière avec Akanji en apportant sa puissance et son sens du devoir. Sur le côté droit, Silvan Widmer (32 ans, FSV Mayence 05) rend de bons services mais est sur le déclin néanmoins, seul petit bémol de cette ligne.

Au milieu, l’expérimenté Remo Freuler (33 ans, FC Bologne) et le jeune Fabian Rieder (23 ans, FC Augsburg) complètent souvent le trio avec Xhaka de manière très complémentaire. Ils peuvent être relayés par Djibril Sow (28 ans, Séville FC) qui apporte plus de vélocité et de l’énergie ou par Michel Aebischer (29 ans, Pise Sporting Club) qui apporte maîtrise et expérience. 

En ce qui concerne l’attaque, Breel Embolo (28 ans, Stade Rennais) joue à la fois le rôle d’appui et de finisseur avec des performances plutôt régulières tandis que Ruben Vargas (27 ans, Seville FC) percute fort de son pied droit sur le côté gauche de la Nati. Yakin dispose d’un jeune offensif très prometteur pour les remplacer en la personne de Johan Manzambi (20 ans, SC Fribourg), milieu offensif/ailier explosif et sans complexe.

Des cadres aguerris aux joutes internationales, des joueurs de devoirs et quelques jeunes qui pointent leur nez… Un savant mélange qui fait de la Nati une nation très bien outillée pour performer à cette Coupe du Monde 2026.

D) Le onze

Murat Yakin a construit un onze régulier depuis sa modification de dispositif tactique lors des deux matchs en Amérique du Nord. Comme évoqué précedemment, il s’agit d’un 4-1-4-1 défensivement qui se transforme en 4-3-3 offensivement. 

Il y a de grandes chances que ce onze soit stable lors des trois rencontres de poule de la Coupe du Monde, quelques soient les adversaires et le contexte.

Les remplacements principaux avec niveau d’impact sur le cours du match (faible, moyen, bon, top) :

  • Manzambi remplace Vargas ou Ndoye voire Embolo (bon).
  • Aebischer ou Sow relaient Rieder ou Freuler (bon).
  • Le reste des remplacements est de niveau moyen donc n’affaiblit pas le onze de la Nati.
  • La seule piste d’affaiblissement serait une blessure de Kobel au but, d’Akanji ou de Xhaka sur le terrain, qui sont irremplaçables en qualité. 

IV – Le rêve américain

A) La poule

La Nati a hérité d’un tirage plutôt clément pour cette édition nord-américaine puisqu’ils ont tiré un pays hôte dans le chapeau A : le Canada de Jesse Marsch. Les Rouges Canadiens seront la principale équipe rivale pour la première place selon nous mais l’équipe de Yakin dispose tout de même d’une longueur d’avance grâce à l’homogénéité de son effectif et son expérience du haut niveau international.  Tout d’abord, ils joueront le Qatar, match abordable même si le pays du Golfe se développe depuis sa Coupe du Monde. Ensuite match plus difficile contre le gagnant du barrage Européen en Mars. Donc possiblement l’Italie qui ferait son retour à la Coupe du Monde, tant attendu depuis 2014. Les trois autres nations Européennes ne seront pas faciles à battre pour autant.  Et enfin le Canada à Vancouver dans un match où se jouera peut-être la première place si la Nati a fait le boulot avant. Un groupe abordable mais où chaque match peut-être piège.

B) Point de vue Suisse

L’optimisme est réellement présent au pays pour sa Nati puisqu’elle sort de la plus grande performance de son histoire lors du dernier Euro. En poussant l’Angleterre (top 5 mondial) dans ses retranchements lors du quart de finale, la sélection a franchi encore un palier dans l’estime que lui porte son public. 

Qui plus est, avec sa poule abordable sur le papier, l’objectif sera sans aucun doute de finir premier pour avoir un seizième de finale le plus facile possible. 

Même si la phase de Ligue des Nations ratée après l’Euro a fait monter quelques doutes, la campagne de qualifications relativement facile de la Nati les a plutôt balayés. De ce fait, les hommes de Yakin seront donc attendus en Amérique par leur public pour faire aussi bien voire mieux qu’en 2024 à cette Coupe du Monde. 

Verdict :

C) Point de vue mondial

La Nati progresse et le monde le sait, surtout les Européens qui l’ont fortement constaté au dernier Euro. Personne donc ne prendra à la légère cette équipe Suisse, notamment ses trois adversaires de poule qui vont certainement lui mener la vie dure défensivement pour faire tomber le « favori ». 

Néanmoins, le manque de grosse tête d’affiche dans l’effectif ainsi que le poids de nation moyenne pèse encore dans l’imaginaire mondial et la Nati sera donc un peu sous-estimée par le public généraliste. 

Verdict :

V – La ruée vers l’or

Le scénario imaginé de leur compétition

Nous pensons que la Suisse va assumer son statut de favori et finir à la première place de son groupe. 

En effet, si le Qatar opposera une certaine résistance défensivement, la qualité Suisse pour posséder le ballon dans le dernier tiers adverse leur permettra de déverrouiller la rencontre sans trop de soucis. 

Dans la foulée, contre une Italie (car oui nous pensons que les Italiens vont faire leur retour en Coupe du Monde en passant les barrages !!) combative et courageuse le match sera plus tendu mais la différence de niveau technique et tactique permettra aux hommes de Yakin de l’emporter. 

Enfin, dans une finale pour la première place dans un stade de Vancouver chaud bouillant pour les Canadiens, la Nati le fera en profitant du manque de profondeur d’effectif chez les hommes de Jesse Marsch qui plieront tactiquement et athlétiquement. 

Dans notre scénario, nous la Nati rencontre la Tunisie qui s’est qualifiée in extremis dans les meilleurs troisièmes. La sélection de Sabri Lamouchi sera valeureuse mais trop limitée pour rivaliser sur 90 minutes. Victoire 2-0 de la Nati qui passe ce premier tour à élimination directe.

En huitième de finale, premier gros morceau pour la Suisse qui rencontre le Portugal dans notre scénario. Les coéquipiers de Ronaldo sont arrivés là sans produire une grande qualité de jeu mais surfent sur l’engouement autour de la dernière danse de Cristiano, soutenu par la génération dorée des Vitinha, Neves, Fernandes… Dans un match que nous voyons très serré, la Nati se fera sortir encore une fois aux tirs au but. Cruelle fin pour une sélection Suisse qui va devoir entamer derrière une vraie reconstruction car ce sera le dernier tournoi pour Xhaka et Rodriguez notamment. 

Verdict final pour le parcours de la Suisse à la Coupe du Monde 2026 :

ELIMINATION EN HUITIEME DE FINALE FACE AU PORTUGAL.

Dernière Coupe du Monde et certainement grande compétition pour l’ossature de la Nati qui a fait sa progression depuis dix ans : Freuler, Widmer, Rodriguez et Xhaka diront au revoir à leurs supporters en ayant réussi une belle compétition mais sans écrire pour autant l’histoire la plus folle qu’ils auraient pu au vu de leur talent.  

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